Les Ballets Roses Affaire (1959)


Détective 01 
Catégorie : Affaire
Statut : Politique
Nom Original : Affaire des Ballets Roses
Date : 10 janvier 1959
Nom Investigateur : Pierre Sorlut, Andre Le Troquer, Elisabeth Pinajeff
Pays Origine : France
Pays Branche : De passage
Adresse : Pavillon du Butard Chemin du Butard
Code postal : 78170
Ville : La Celle-Saint-Cloud
Juge : Marcel Sacotte
Nombre d'Adeptes : 23 personnes inculpées
Complices : Pierre Sorlut, Elisabeth Pinajeff,
Inculper : Andre Le Troquer, Pierre Sorlut, Georges Biancheri, Jean Gessier, Arturo Guglielmi,
Résumé :
L'affaire dite des « ballets roses » est une affaire de mœurs pédophile qui défraya la chronique en France en 1959. Cette expression de « ballets roses » est inventée par le journaliste Georges Gherra de France-Soir à l'occasion de l'enquête.



Cette émission est ici à titre historique de l'affaire "Les Ballets Rose" tout droits réserver à France inter "Affaires sensibles" du 2015 12 30.
C'est ici que vous pouvez couper l'audio ou mettre sur pause en appuyant sur les 6 points. Bonne écoute de cette excellente émission...
Affaires sensibles France Inter.Raconter l’histoire des ballets roses, c’est aussi remonter celle d’André le Troquer, une figure emblématique de la IVe République. Président de l’Assemblée Nationale sous René Coty, le petit gars de Montmartre avait gravi un à un tous les échelons de la carrière politique pour finir par se brûler les ailes dans une affaire de mœurs ...

Les faits :


L'affaire débuta avec la parution dans le quotidien Le Monde daté du 10 janvier 1959, d'une brève informant de la mise sous mandat de dépôt, quelques semaines auparavant, d'un policier accusé de détournement de mineures. Le 23 janvier, l'hebdomadaire politique "Aux écoutes du monde" étoffa l'information avec un écho intitulé « la “petite folie” du Butard » : le policier aurait avoué avoir organisé des parties fines entre des personnalités et des mineures en divers endroits de la région parisienne, dont le Pavillon du Butard. Or, ce pavillon de chasse situé tout près de Paris, dans la forêt de Fausses-Reposes, était alors mis à la disposition du président de l'Assemblée nationale.


De 1946 à 1958, pour les faits reprochées lors du procès d’avril 1960 se sont déroulés aux lieux dit : 


  • Au Pavillon du Butard à Vaucresson.
  • A l’opera de Paris dans la loge présidentielle.
  • A l’opéra comique de Paris.
  • Au cabinet d’André le Troquer, rue d’Assas toujours à Paris.
  • Dans les bureaux du siège de la première Brigade mobile rue st honoré à Paris.
  • Dans les cabines d’essayages du magasin «la grande maison» à Paris.
Amateurs, beaucoup allaient passer au travers des mailles.

S'il avait fallu pousser l'enquête plus en amont & avant, la salle de la Cour d' Assises n'aurait pas été assez vaste pour accueillir tout ce joli monde, bien des participants de ces réunions licencieuses n'ont pu être identifiés, ou bien leur cas n'a pas été jugé assez pendable.

Les inculpés :
  • Pierre Sorlut, 33 ans à l’époque présenté dans la presse comme ex policier ou faux policier.
  • André le Troquer, à l’époque ancien président le l’assemblée nationale.
  • Elisabeth Pinajeff , artiste peintre 59 ans.
  • Arturo Guglielmi, maître coiffeur, avenue Matignon Paris. Ce dernier organisait des parties fines dans son appartement Parisien et dans le pavillon qu’il possédait à Villescrenes.
  • D., Coiffeur.
  • Guillaume G., 57 ans, Coiffeur.
  • Jean Gessier, (Jean F Jesxxx) 32 ans, directeur d’une maison de confection "la grande Maison".
  • Georges Biencheri, 40 ans, Glacier, gérant d’établissements « le Queenie » place de la Madeleine et du pavillon d’Armenonville dans le bois de Boulogne.
  • André Gauthier, 48 ans, officier de Police Principal (Première Brigade Mobile).
  • Pinabel, officier de police.
  • Pierre Gabrielli, 39 ans, Commissaire.
  • R. Baroxxx , 42 ans.
  • User Sfarxx, modeliste de mode 72 ans.
  • Camille Pexxx dite Depxxx 27 ans.
  • M. Benaxxx étudiant 24 ans.
  • Lucie Audexxx 42 ans.


D’autres personnes furent entendus suite aux dépositions des enfants mais ne furent pas inculpés :
  • Mimi la Cannoise.
  • Un peintre célèbre.
  • Un statuaire célèbre.
  • Un chef d’orchestre célèbre et son pianiste.
  • Une chanteuse de l’Opéra comique dite « Madame Offenbach ».
  • Une marquise italienne prénommée Andréa.
  • Un médecin très mondain.
  • Un Colonel Français.
  • Un Major Américain.


Les cinq victimes dont les familles sont parties civiles témoigneront à huis clos :
  • Colette M. moins de 15 ans entre 1957 et 1958.
  • Danièle T. moins de 15 ans entre 1957 et 1958.
  • Gisèle M. moins de 18 ans entre 1957 et 1958.
  • Nicole V. moins de 15 ans entre 1957 et 1958.
  • Martine M. moins de 18 ans entre 1957 et 1958.
Il est d'autre part certain que ces cinq-là ne furent pas les seules mineures recrutées par les pourvoyeurs de ces ballets roses, bien d'autres y figurèrent, qui ne furent jamais identifiées, déjà, le juge Sacotte, qui avait mené l'instruction.

Enfin le juge Sacotte a du renoncé à recueillir les témoignages d’autres mineures trop « atteintes » pour témoigner ? ce fut le cas de :
  • Edwige.
  • Marie-josé.
  • Claudine.
Qui « toutes atteintes de dépressions nerveuse ne se souvenaient plus de rien ! » .
  • Toutes ces mineures furent amenées par Pierre Sorlut à l’exception de la plus jeune des cinq, Colette qui le fut par le coiffeur Arturo Guglielmi allias Guillaume. Par de la presse de l’époque nous savons ce qu’il advint de certaines victimes :
  • C'est un fait qu'il serait difficile de discuter. Mais, quoi que chacun puisse en penser, il va sans dire que ces adolescentes plus que précoces devaient rester profondément marquées par ces innombrables «soirées joyeuses» ou «galas» auxquels elles avaient pris part. L'une d'elles devait confesser aux juges son sentiment de déchéance, une autre, déjà fortement perturbée à la suite d'un premier attentat subi à l'âge de douze ans, devait tenter de se suicider avant même l'issue du procès de ceux qui avaient profité d'elle, soignée, elle a pu heureusement prendre le dessus et s'est finalement mariée. Une autre est partie aux Etats-Unis et a fondé un foyer. Mais la plus jeune, hélas, a mal tourné, jusqu'à sa majorité, elle a multiplié les fugues, entre maints séjours dans des centres de rééducation, puis, se livrant à la prostitution, est devenue une délinquante irrécupérable... 


Juge d'instruction :
  • Marcel Sacotte
Président :
  • M Capel.
Juge :
  • Noguès.
  • Crespy. 
Substitut :
  • Bernard Guyot.
Avocats des partie civiles :
  • Mes Tixier-Vignancour, Boudelot, Traxeler, Debray, Valiergue, Jancourt…
Avocats assurant la défense :
  • Me Mauranges et Héraud pour Avocat d’André Le Troquer et Mme Pinaëff (E. Pinajeff).
  • Mes Hug et Neveux pour Pierre Sorlut.
  • Floriot, Toulouse, Gambier, Martin-Sané, Letort, Mathivet, Robert.
  • Pierre Lemarchand, pour Pinabel.
Les faits incriminés sont :

23, prévenus au total tous poursuivis d’attentas aux mœurs caractérisés par excitations de mineures à la débauche et passibles de deux à cinq ans de prison et de 5000 à 50.000 nouveaux francs d’amende.

« Des actes caractérisés d’excitation à la débauche , dont l’essentiel consiste en relations sexuelles généralement complètes, soit entre plusieurs hommes et une femmes , soit entre un seul homme et plusieurs femmes , soit entre plusieurs couples avec parfois échange de partenaires ; toute actes concomitants ou successifs , perpétrés sans le moindre soucis de discrétion, dont les mineures ont toutes été l’objet ou les témoins , et qui dans certains cas se pimentaient du spectacle , fort apprécié, d’exhibitions de nudité, voir de numéros de strip-tease, de caresses fort précises entre femmes , de flagellations à l’aide d’un martinet  et, une fois même, d'application d'un vibro-masseur sur le sexe d'une mineure...».

« Bien qu’il soit question dans le dossier , de scènes de flagellation , cette qualification supplémentaire de [coups à enfants ] ne signifie pas que les petites victimes aient été frappées ou martyrisées. Il s’agit, en fait, d’une astuce juridique pour correctionnaliser certains actes odieux qui, autrement, auraient entraîné leurs auteurs en cours d’assises, avec des peines de réclusion ou de travaux forcés à temps en perspective. »

Six des prévenus doivent répondre de coups à enfants de moins de 15 ans et encourent donc de un à trois ans de prison et de 20 à 1.200 nouveaux Francs d’amende normalement.

Sont concernés :
  • Pierre Sorlut 33 ans détenu depuis 16 mois.
  • André le Troquer 74 ans , avocat.
  • Jean-François Jesxxx, 30 ans commerçant.
  • Maurice Benaxxxx, 24 ans.
  • Georges Bianchierie , 39 ans, gérant de société.
  • André Gauthier , 46 ans ; comissaire de police principal.
Les Protagonistes :

L'enquête établit que l'ex-chauffeur de la DST Pierre Sorlut qui se faisait passer pour un policier (il était en disponibilité) avait trois ans durant piégé des jeunes filles (la plus jeune aurait eu 14 ans et les plus âgées 20 ans selon certaines sources, 12 et 18 ans selon d'autres, alors que la majorité civile était à 21 ans et la majorité sexuelle à 15 ans) en leur proposant de rencontrer des hommes qui pourraient, grâce à leurs relations, favoriser leur carrière artistique. Fournies en alcool et en marijuana, elles exécutaient pour un public d'amateurs des spectacles érotiques dont certaines chorégraphies étaient imaginées par une artiste peintre, ex-actrice, alors compagne d'André Le Troquer (d'où le nom de « ballets roses »). Persuadées de favoriser la carrière de leurs filles, certaines mères auraient été consentantes.


André Le Troquer Né en 1884 dans une famille modeste, André Le Troquer parvint néanmoins à faire de brillantes études de droit. Parallèlement à son métier d’avocat, il s’engagea vite en politique, se faisant élire député sous les couleurs de la SFIO (le parti socialiste d’alors). Quoique marié et déjà père de trois enfants, il fut happé comme tant d’autres par le premier conflit mondial. Sa conduite héroïque lui vaudra deux décorations militaires mais il y perdra l’usage de sa main droite. La défaite de juin 40 puis l’occupation allemande ravivèrent son instinct combatif. Résistant de la première heure, il se rallia à De Gaulle avec lequel – insigne honneur -, il devait descendre les Champs Elysées lors de la libération de Paris, le 26 août 1944. Devenu l’un des hommes politiques influents de la IVeme République, il sera élu président de l’Assemblée Nationale, dernière marche, pensait-il, avant l’accession au pouvoir suprême. C’était sans compter avec le Général ramené par René Coty (alors président du Conseil) à la tête de l’état pour faire taire les factions qui menaçaient l’unité du pays. Nous étions en 1958, année charnière s’il en est et qui devait engendrer une nouvelle constitution. Malgré son admiration pour l’homme du 18 juin, André Le Troquer ne lui vota pas les pleins pouvoirs, contestant ouvertement sa légitimité démocratique. Quelques mois après, en janvier 1959, débutait l’affaire des ballets roses dont il allait être le principal accusé. Car André Le Troquer avait son talon d’Achille : une sexualité insatiable et débordante qui, surtout à la fin de sa vie, le portait vers les très jeunes filles. Cela devait être fatal à ses ambitions politiques et précipiter sa disparition en 1963.


Elisabeth Pinajeff (Elisabeth Pinajeff, Elisabeth Pina Jeff, Elisabeth Pinajewa, Elisabeth Von Pinajeff, Elisabeth Pinaïeff, Mlle Pinaieff, Mlle Pinaeff,  Lily Dorell, Madame Dorelle, Madame Dorelis.)
Depuis 1950, Le Troquer fréquentait une artiste, à moitié peintre, à moitié danseuse, à moitié actrice, connue du tout Paris, Elisabeth Pinajeff, qui a préparé certaines chorégraphies de ces ballets roses. Le couple recevait beaucoup dans son appartement de la rue Franklin Roosevelt, et Pinajeff, grâce à Le Troquer, a peint sur commande moult personnalités, dont la Reine d'Angleterre ou la femme du président du conseil René Coty. L’Allée Saint-Gilles ou, à Vaucresson vécue Elisabeth Pinajeff , donne sur l’avenue des puits et un chemin menant au pavillon du Butard, l’angle de l’allée Saint Gilles et de la route des puits est à quelques centaines de mètres d’un terrain aujourd’hui en friche, ancien site de ce qui fut l’auberge «Le nids du Butard» auberge, pension  désignée également  comme une Maison de repos pour,  devenir  une clinique qui fermera ces portes à la fin des années 1990 avant d’ être détruite début 2000 .


Au n° 5 avenue  Matignon le salon de coiffure de Arturo Guglielmi, alias Guillaume, Maître coiffeur, qui amena une fillette mineure et qu’il savait malade mentale en fugue et qui s’était adressée à lui cherchant du travail. Ce dernier fournissait également d’autre soirées joyeuses à Villecresne et dans son vaste appartement parisien. Au 26, avenue  Matignon, la galerie André Weill. Sur l’extrème gauche de la carte prés de la station George V la rue Galilée ou demeurait Maïte, de son vraie nom Marie Theres Goyenetch, une des calls girls de l’affaire Lacaze, avec Dany & Nicole, deux filles de Mme Bellerot dite la “Belle Gabrielle”. la rue Galilée croise la place des états unies ou logeait au lendemain de la guerre le psychothérapeute du SDECE, responsable du service psycho de la section administrative. Connue également pour ces écrits : André Morali D…

Des pressions sur un témoin :

lors de l’instruction février 1959, la presse de l’époque rapporte un épisode montrant une pression sur un proche d’une des victimes ,  cet épisode dénier par la police aboutira sur une plainte en justice déposé par un des Avocats, maître Traxeler.
Sources : le figaro du 02/02/1959 et  le Républicain Lorrain du 02/02/1959.

Dans son recueil de souvenir , publier sous forme d’entretien aux éditions PLON.

« Je sais presque rien mais je dirais tout  » édition Plon , 2007. Pages 41 et 42.

Yves Bertrand , ancien directeur général des Renseignements Généraux , assistant à la cérémonie donné en l’honneur des 50 ans de la création de la DST en 1995 , année de la disparition d’Elisabeth Pinajeff , indique avoir été surpris d’assister à la dépose d’une gerbe au pied de la stèle à la mémoire des agents de la DST disparus en service, cette gerbe était en effet déposé par Pierre Sorlut lui-même.

Ils étaient déjà très fort pour noyer les enquêtes en 1959...
AFFABULATION déclarait-on à la police judiciaire, 1 aucun fait semblable n'a été signalé dans aucun commissariat, (normal comme si tu aller essayer d'en tuer plusieurs en même temps), 2 Il n'y a eu aucun témoins, (comme si tu aller faire des déboires avec un témoins), 3 aucun constat n'a été présenter, (Après avoir essayer d’assassiner quel qu'un tu vas t'arrêter pour faire un constat), mais ils se moquaient déjà de nous en 1959, et j'en passe des meilleures.


Les articles de ces journaux montrent bien que la thèse d’un complot gaulliste visant à discréditer André Letroquer , ne tient pas , Pierre Sorlut , qui était un temps le chauffeur du chef de de la DST Roger Wybot, ne souhaitait visiblement pas que l’existence de ces ballets ne s’ébruite ou ne soit rendus publique .

Si une personne était Visée  à mes yeux c’est bel et bien d’Elisabeth Pinajeff qu’il s’agit ! ……




Chronologie :

1958 07 30 Police de Brunoy.
En novembre 1958, lors d’une ronde de nuit place de la république à Paris des policiers intrigués par la présence d’une jeune fille mineure qui semble attendre là, l’interpellent et la reconnaissant comme correspondant à un signalement de recherche sur une mineure pour tentative d'escroquerie l’emmène aux poste de police. La recherche dans l’intérêt des familles ayant été lancée par le commissaire de Police de Brunoy prêt de Melun (77), la jeune, Claudine 16 ans est déférée devant le service de protection des mineures , là elle est entendu par le juge Borel elle avoue travailler pour deux Proxénètes pour qui elle pièges des adultes lors d’ébats sexuelle en les rançonnant lors de chantage au silence . Elle avoue enfin mais difficilement que l’un des proxénètes qu’elle appelle M Pierre et qu’elle décrit comme son protecteur et qui la conduit dans les quartiers chics de 16eme et parfois dans un beau pavillon de banlieue c'est un certain Pierre Sorlut, chauffeur de son état . Claudine dira également que d’autres jeunes filles de son âges participent à ces surprises parties , entendus les autres jeunes filles parlent et citent ce fameux Pierre Sorlut.

1958 11 12
En dépit de ses relations d'amitié avec Sorlut, qui auraient dû normalement inciter l'officier de police Gauthier à se récuser, celui-ci n'hésitait pas, au terme d'un rapport de synthèse en date du 12 novembre 1958, passant sous silence cette particularité regrettable, à conclure à la seule culpabilité de Colette M., signalée comme se livrant à la prostitution ou au chantage...
Parbleu!, ce singulier enquêteur avait de bonnes raisons "d'écraser", puisqu'il était lui-même "mouillé" dans cette scabreuse histoire !

1958 12 00 Plusieurs mois devaient s'écouler sans autre intervention des autorités répressives, avant que, poursuit le jugement, dans le courant de décembre 1958, sur plaintes avec constitution de partie civile du sieur Mouly et de la dame Bilquey, une information fût ouverte par le Parquet de la Seine, information dont les développements devaient faire apparaître que, non pas trois, mais cinq mineures, pouvaient avoir été victimes des actes immoraux d'un nombre considérable d'adultes hommes ou femmes... Sur les cinq mineures livrées à ces cercles d'amateurs de fruits verts, qui allaient assouvir de malsaines passions, sans aucun égard pour leur jeunesse, pour leur faiblesse morale ou même éventuellement pour leur déficience psychique, une seule, Colette M., y a été introduite par le coiffeur G., les quatre autres, Martine M., Gisèle M., Nicole V., et Danièle T., l'ont été par le canal (sic) de Sorlut... ».

1959 01 10 Le monde.
Une brève informant de la mise sous mandat de dépôt, quelques semaines auparavant, d'un policier accusé de détournement de mineures.
1959 01 18 Tous Médias.
L'information reste discrète et l'affaire ne fait guère couler d'encre au cours des deux semaines suivantes. Pourtant, des personnes bien informées murmurent déjà qu'André Le Troquer, éminence politique du régime défunt, serait mis en cause dans ce scandale de mœurs.
Jusqu'à la fin janvier, cette rumeur est éclipsée par un autre fait divers : l'affaire Guillaume-Lacaze, qui met en jeu des sommes considérables, après la mort suspecte du collectionneur de tableaux Jean Walter.

1959 01 23 Aux écoutes du monde.
L'hebdomadaire politique étoffa l'information avec un écho intitulé « la “petite folie” du Butard ».
Visiblement bien informé, le journaliste met explicitement en cause l'ancien président de l'Assemblée nationale qui aurait reçu dans sa résidence, près de Paris, ce policier véreux accompagné de très jeunes filles.

1959 01 27 Le Troquer
Envoie une lettre au directeur du magazine "Aux Écoutes", Paul Lévy, qui l'a explicitement mis en cause. Repris le surlendemain dans "Le Figaro", "Combat" et d'autres grands journaux, ce texte tente de répondre précisément aux accusations :

« Pendant plusieurs années, j'ai été l'occupant régulier du Butard et rien de ce que vous racontez ne s'y est jamais passé. C'était pour moi un lieu de travail tranquille et peu d'amis y venaient, deux ou trois fois par année.
Il y a une dizaine de mois environ, j'ai connu un garçon qui avait bonne tenue, qui semblait être de bonne famille, qui était sympathique, quoi qu'on dise de lui aujourd'hui.
Il m'avait été recommandé par des amis et il était venu me voir avec un de ses frères, modeste industriel de province.
Ensuite, j'ai eu l'occasion de le soutenir à propos d'un petit drame sentimental qui l'avait bouleversé et le laissait désemparé.
Il s'était attaché à moi et me sollicitait parfois d'appuyer quelques requêtes qui me semblaient légitimes.
A plusieurs reprises, il me demanda de visiter le Butard. J'étais souvent sollicité et par beaucoup de gens.
Un soir, il est venu en compagnie. J'ai refusé de le recevoir parce qu'il était dix heures.
Revenu une autre fois en compagnie de deux personnes, je l'ai reçu et ai fait visiter la maison. I1 n'y avait pas de fillette.
Trente ou quarante minutes ont dû s'écouler. Ni le garçon ni les personnes qui étaient avec lui ne sont jamais revenus.
Alors, j'affirme que je ne connais rien des histoires que vous racontez sur "des convives sélectionnés".
Que je ne connais rien des "figurantes chorégraphiques".
Tout cela ne me concerne pas et j'oppose aux allégations publiées un démenti sans réserve, catégorique, absolu.
Mais je veux dire que j'avais été informé, de source très sérieuse, que tout serait tenté contre moi, y compris la suggestion faite à l'inculpé qu'il aurait intérêt à forcer la vérité, qu'il pourrait y trouver avantage.
Nous n'en sommes pas encore au vol des tours de Notre-Dame, mais il s'en faut de peu, dans une affaire où mon nom a été jeté pour servir d'appât.
Et ce moment a été particulièrement choisi. »
André Le Troquer.

1959 01 29 Libération "Très Régence".
Libération parle d'une affaire «très Régence ». Les plumes et les esprits s'échauffent, pour décrire les bacchanales au cours desquelles une assemblée de barbons aurait fait accomplir à un groupe de jeunes vierges quantité de numéros déshabillés. Ce qui devrait être une affaire sordide prend des couleurs affriolantes pour ceux qui n'accéderont jamais au luxe des palais nationaux.

1959 01 30 Le Monde.

1959 02 01 Le Monde.

1959 02 01 Convocation Le Troquer chez le Juge Marcel Sacotte.
L'ancien président de l'Assemblée nationale est convoqué au cabinet du juge Marcel Sacotte, homme austère et sec à la réputation d'incorruptible (auteur d'un livre, La Prostitution, il a également instruit, quelques armées plus tôt, la fameuse affaire des «bijoux de la Bégum »). Vers dix heures et demie, le politicien arrive discrètement au Palais de Justice, par une des portes du quai de l'Horloge, tandis que des groupes de gendarmes situés aux entrées principales...



1959 02 01 France Soir.
M. André Le Troquer est inculpé dans l'affaire de Ballets Roses.
Référence N° 4517.  (Cliquer sur l'image)

1959 02 02 Journal de Neuchâtel.
En outre, à l’époque, un journal Suisse du 2 février 1959 rapportait que « Le groupe socialiste n’a publié aucun communiqué jusqu’ici pour prendre la défense de ce « leader », et pour prétendre qu’il est victime d’une « manœuvre politique ». Ce silence est significatif« . Le Troquer est mort deux ans après le verdict, sans avoir refait surface.  (Cliquer sur l'image)
Source : http://doc.rero.ch/record/61323/files/1959-02-02.pdf

1959 02 04 Le Canard enchaîné...

1959 02 05 Le Monde...

1959 02 06 Le Monde...

1959 02 06 France Soir "Les Ballets Roses".
L'affaire dite des « ballets roses » est une affaire de mœurs pédophile qui défraya la chronique en France en 1959. Cette expression de « ballets roses » est inventée par le journaliste Georges Gherra de France-Soir à l'occasion de l'enquête. L'affaire débuta avec la parution dans le quotidien Le Monde daté du 10 janvier 1959, d'une brève informant de la mise sous mandat de dépôt, quelques semaines auparavant, d'un policier accusé de détournement de mineures. Le 23 janvier, l'hebdomadaire politique Aux écoutes du monde étoffa l'information avec un écho intitulé « la “petite folie” du Butard » : le policier aurait avoué avoir organisé des parties fines entre des personnalités et des mineures en divers endroits de la région parisienne, dont le Pavillon du Butard. Or, ce pavillon de chasse situé tout près de Paris, dans la forêt de Fausses-Reposes, était alors mis à la disposition du président de l'Assemblée nationale.

1959 02 06 Aux écoutes du monde.
Ce film prit au pavillon du Butard à l’occasion d’un des ballets roses était selon l’article projeté à occasion d’autres réunions du même genre dans le but [ d’initier les jeunes participantes et "les mettre dans ambiance"]. Le réalisateur de cette bande , continue l’article ,[inculpé lui aussi , est un cinéaste qui était aussi , il n’y à pas longtemps, producteur à la R T F. Le scandale commençait à peine à couver qu’on le priait pourtant d'abandonner le micro…]

M. Sacotte Juge d'instruction : "Des dossiers ficelés de rose, il peut s'en constituer un par semaine, d'habitude la police est discrète, la justice aussi... Tous ces clients sont des obsédés sexuels. On les poursuit, On les condamne, il recommencent..."

1959 02 11 Le Monde.


1960 04 28 Le Procès.
Devant la quinzième chambre correctionnelle de la Seine ( Paris aujourd’hui ), spécialisée dans les affaires où sont impliqués des mineurs. Le huis clos est donc de rigueur, plutôt deux fois qu'une. Des neuf audiences qui s'y déroulent, il est donc strictement interdit de rapporter quoi que ce soit, même des ouï-dire récoltés à l'extérieur. En revanche, il n'en va pas de même du jugement, rendu en public le 9 juin suivant. Les extraits les plus marquants de ses soixante-douze pages d'attendus suffisent d'ailleurs à se faire une idée très exacte des faits imputés à vingt-trois prévenus, dont l'un, officier de police principal, devait être le seul relaxé au bénéfice du doute.

Les audiences étant en huis clos, seule nous sont parvenue l’attitude des prévenus au moment de l’appel devant la cours, leurs présentation et pour certains leurs déclarations à ce moment précis !

  • Salle des cent pas.
En réalité, il n'y a jamais eu, dans cette sordide affaire rien que de très vulgaire et fort écœurant. Le « maître de ballet », si l'on ose dire, Pierre Sorlut, ayant conservé le goût de l'intrigue de ses éphémères et subalternes fonctions policières, a voulu faire « plaisir » à ses relations mondaines, gens du Tout-Paris, dont le président Le Troquer, dont il veut être l'homme à tout faire , ainsi que quelques commerçants très à l'aise. Pour tous ces messieurs d'âges divers, généralement mûrs, voire très avancés, il met sur pied certaines « sur-boums ~ dont les cavalières sont tout juste pubères, âgées de quinze à dix-sept ans. Des tendrons d'un côté, des barbons de l'autre. Ces derniers ont la faiblesse de se laisser tenter. Sorlut n'en tirera apparemment d'autre profit que de vivre à leurs crochets, sur un pied qui n'est pas le sien, se servant de la voiture de l'un, faisant régler ses factures par l'autre, ayant la satisfaction de tutoyer tous ces personnages importants. Mais les adolescentes qu'il leur livre, sont-elles consentantes ? Eh bien, oui, plus ou moins. Il réussit à se les faire confier par des parents vraiment naïfs, au motif de les présenter à des gens influents. Agissant ensuite tantôt par la persuasion, tantôt par la menace, il subjugue ces fillettes, dont la carrière, dit-il, sera d'autant plus rapide et brillante qu'elles se montreront gentilJes et dociles. Mais en attendant de devenir des Pau-lova, les pauvrettes doivent se muer en précoces bacchantes. Les magistrats, en dernier ressort, résumeront fort bien cet abominable trafic.
  • Les Clients.
En ce qui concerne les "clients", si l'on ose dire, de ces ballets roses, le jugement de la 15 Chambre s'attache surtout à étudier les ressorts de la psychologie de chacun pour essayer de comprendre comment ils en sont venus à une telle dégradation, eu égard à leur niveau social. Les cas de l'ex-président André Le Troquer et de sa maîtresse, Elisabeth P., une artiste-peintre alors âgée de soixante ans, ont ainsi retenu particulièrement l'attention des magistrats.
  • Pierre Sorlut.
Issu d'une famille provinciale de condition fort modeste, mais de bonne réputation, c'est un garçon non dépourvu d'intelligence, bien que presque illettré et même, il en a fait la confession, inapte à s'instruire ; après avoir essayé des professions de commis-boulanger et de commis boucher et avoir milité dans la Résistance où son comportement ne semble avoir attiré l'attention autrement qu'à l'occasion d'une affaire assez trouble dans laquelle il bénéficia d'un non-lieu, il vint à Paris, où il entra en 1946 dans les services de la D.S.T. en qualité d'auxiliaire, après onze mois de fonctions et deux accidents d'auto, il fut, pour raisons de santé, dit-il, mais en réalité pour incapacité professionnelle, précisent les renseignements administratifs, libéré des pénibles contraintes inhérentes à tout emploi régulier, il a, depuis 194 7, réalisé ce miracle, ne possédant nulle fortune, de vivre pendant douze ans sans fournir aucun travail. « L'explication en est donnée par les renseignements de police, d'où il ressort qu'il subsista principalement aux crochets de deux maîtresses successives qui, dans l'attente de mariages toujours promis et toujours reculés lui fournissaient le gîte et le couvert, à ceci s'ajoutaient l'aide de sa famille et les libéralités bien surprenantes d'un généreux ami. « A l'audience, pressé de questions, Sorlut finit par déclarer avoir disposé d'autres ressources, mais dont un devoir supérieur de discrétion l'empêchait de préciser l'origine, tirant argument de déclarations de coprévenus, selon lesquelles Sorlut leur avait donné, par des indices certains, la preuve qu'il était dans les meilleurs termes avec un ancien Préfet de Police et un haut fonctionnaire dont il promenait le chien, ses conseils ont avancé, en termes assez voilés, qu'exclu de la D.S.T., cet ancien chauffeur avait gardé des liens étroits avec les services de police et de renseignements et rempli, jusqu'à l'étranger, de nombreuses missions secrètes, d'une haute importance, s'ils n'ont pu cependant, à l'appui de ces suggestions, produire d'autres documents que quelques photos, où l'on voit Sorlut tantôt le verre en main près de personnalités de l'industrie cotonnière, tantôt en bout de table à un banquet auquel assistaient, affirme-t-on, certaines importantes personnalités, ou encore un billet d'avion gratuit pour le Liban et un papier en langue arabe qui serait un laissez-passer délivré par les autorités égyptiennes, ces remarques et ces documents sont de bien pauvres justifications de l'activité prétendue de Sorlut dans un service secret. « Singulier et imprudent service secret, d'ailleurs, qui ne serait même pas capable de pourvoir son agent d'une situation de façade, d'un emploi privé, même fictif et qui, au surplus, ne pouvant lui assurer une rémunération régulière décente, confierait des missions à un individu sans aucune autre ressource que d'épisodiques prélèvements sur les fonds secrets, donc soumis à toutes les tentations et exposé à toutes les trahisons, aveugle service secret, au surplus, qui confierait une arme à un agent qui se déclare incapable de la manœuvrer, et chargerait de missions délicates, un être aussi dépourvu d'instruction que de caractère et de courage. « Sorlut n'a eu pour lui, et il a su, il faut le reconnaître, en user abondamment, qu'une certaine aptitude à s'insinuer partout, aussi bien dans le lit de jeunes filles naïves que dans la familiarité des riches ou des puissants. « Il possédait l'art, étalant ses relations avec l'un, de se lier avec l'autre, se trouvant partout chez lui. rendant gracieusement de menus services, grappillant ici un repas ou un voyage, ici une entrée à une soirée ou un spectacle, d'améliorer le modeste train de vie que lui assuraient ses pseudo-fiancées et de meubler les loisirs dont il était abondamment pourvu... Cette manie de se faire passer pour un « James Bond devait valoir à Sorlut d'être finalement déclaré coupable du délit supplémentaire de transport illicite d'armes, des témoins dignes de foi ayant affirmé qu'il avait exhibé devant eux des revolvers et pistolets, dont l'un portait gravée sur le canon une inscription en caractères étrangers et qu'il disait avoir été saisi sur un agent secret soviétique !
  • Le Troquer.
Le Troquer résidait habituellement chez sa bonne amie Mme P., avenue Franklin-Roosevelt, mais passait fréquemment la nuit au Pavillon du Butard, en Seine-et-Oise, dont il disposait à raison de sa qualité, et, d'autre part, il avait conservé son appartement de la rue d' Assas, où continuait de fonctionner son cabinet d'avocat. Il devait, hélas pour lui, utiliser tous ces lieux pour y abriter des scènes de débauche, en compagnie de trois des petites ballerines fournies par son ami Sorlut, Martine, Gisèle et Danièle. Scènes auxquelles allait participer activement sa maîtresse.
  • Liens de familière sympathie Troquer / Sorlut.
On ne peut manquer d'être surpris de l'étroitesse des relations entre deux hommes que ni leur âge, ni leur niveau intellectuel, ni leur position sociale ne prédestinaient à une telle familiarité, il est également inattendu de voir un homme aussi absorbé par de graves et accablantes occupations, n'opposer aucun filtrage aux appels téléphoniques et aux visites d'un individu qui ne lui rendait aucun service ni ne lui fournissait aucun renseignement sur les plans électoral, politique ou professionnel, et ne présentait donc pour lui aucun intérêt avouable, enfin, tout dans le comportement de ce familier, aussi bien l'abusif étalage que Sorlut faisait de leurs relations que sa manie de traîner après lui de très jeunes filles autres que la fiancée qu'il lui connaissait, devait inciter Le Troquer à considérer ce fantoche comme un intrigant et un individu suspect et à le tenir à distance, toute naïveté devant être exclue chez un homme du caractère et de l'expérience d'André Le Troquer, on est bien obligé d'envisager comme l'explication la plus plausible de relations aussi étranges, l'hypothèse que Sorlut présentait l'unique intérêt pour Le Troquer d'amener à lui de jeunes personnes dont son âge et son éminente situation lui rendaient la quête difficile.

  • Déclarations au procès d'André L Troquer...

« Ni Mme Pinaïeff ni moi n’avons été mêlés aux actes qui mettent en cause les personnes traduites ici en justice. Nous n’avons participé à aucune de leurs réunions, nous ne sommes jamais allés chez eux et nous ne les avons pas accueilli chez nous . Il n’y à jamais eu de ballets, en tout cas nous n’en avons point vu. (….) on ne saurait prendre au sérieux les affirmations de filles perverses et débauchées. Aussi ai-je le droit de demander pourquoi je suis ici . Je puis sans crainte affirmer que nul n’aurait parlé d’une affaire de ce genre si l’on n’avait pas prononcé machiavélique-ment , injustement , le nom d’un homme politique . Mais on a voulu traîner en correctionnelle le militant que je fus et cela parce que j’ai opiniâtrement défendu la légalité républicaine», a-t-il déclaré devant les juges et regagnant son banc en murmurant : « c’est le général de Gaulle qui à exigé que je sois ici , lui qui jadis à été mon obligé. »

  • Elisabeth Pinajeff.

Si Le Troquer a manifesté, notamment à l'audience, un profond respect pour cette femme dont il loue la culture, les dons artistiques et la haute tenue morale, il s'est néanmoins borné à en faire depuis neuf ans sa concubine, alors que, veufs tous deux, aucun obstacle ne paraissait s'opposer à une union légitime, union faute de laquelle on ne peut pas ne pas sursauter en entendant à l'audience cette maîtresse du deuxième personnage de l'Etat parler sans pudeur de ses devoirs mondains de maîtresse de maison au pavillon présidentiel du Butard, ou de "sa" loge présidentielle à l'Opéra ou à l'Opéra-Cornique, ou encore de la voiture administrative affectée à "son" service...

  • Arturo Guglielmi Maître coiffeur.

A propos de ce dernier, qui n'amena dans ce qu'il appelait de « joyeuses réunions » qu'une seule des cinq mineures perverties, la jeune Colette, alors âgée de moins de seize ans, deux attendus sont particulièrement édifiants. Il fournissait également les locaux, « tant dans sa maison de campagne de Villecresnes que dans son vaste appartement parisien largement ouvert à ses hôtes et dont un certain salon, orné d'un vaste divan rond couvert de fourrures était particulièrement propre aux « manœuvres de groupe dont ils étaient friands. .. Il devait pourtant, à l'audience, tenter de minimiser son rôle, avec des explications qui eurent, paraît-il, le don de faire hausser les épaules aux juges. Il a tenté de faire accroire au tribunal que, par "strip-tease", il entendait simplement "le fait pour les dames de soulever un tout petit peu leurs jupes pour laisser apparaître le dessus des jambes"...

  • Les Juges.

"Ces mineures étaient cependant consentantes, voire friandes de ces sortes de divertissements, et Le Troquer, dès son inculpation, avait eu beau jeu de proclamer qu'elles avaient atteint « la majorité dans le vice ». Comment expliquer dès lors Je « manque de clairvoyance et de fermeté  de leurs familles, toutes honorables, disent les juges? Les considérations du tribunal sur ce chapitre méritent d'être reproduites, car elles ne cesseront d'être de plus en plus d'actualité."
"On doit retenir, à la décharge de ces familles, la difficulté grandissante qu'éprouvent actuellement tous les parents à assurer l'éducation morale des adolescents, en un temps où ils ont à compter avec les influences délétères qui, débordant largement le cadre de Saint-Germain des-Prés, tendent à développer chez les « jeunes un sentiment général d'insubordination et de mépris de toute contrainte morale, spécialement en matière sexuelle. Leur autorité, contestée dans son principe, est d'autant plus mal supportée par ces jeunes que ceux-ci, voyant autour d'eux l'excessive liberté dont jouissent tant de leurs camarades, ne peuvent manquer de puiser dans cette constatation un nouvel encouragement à la révolte, sinon à la haine des parents, considérés comme l'obstacle majeur à leur indépendance et au développement de leur personnalité. Ceci étant, on comprend que s'étende, de proche en proche, la démission d'éducateurs qui, reculant devant une rupture affective menaçante, préfèrent composer avec l'état d'esprit ambiant et se cantonner, malgré ses dangers, dans une attitude de lointaine protection et de discrète camaraderie. Mal défendues, dans ces conditions, contre les entraînements d'un âge trouble, ces jeunes filles ont été incapables de résister aux entreprises du premier individu disposé à les séduire. Ainsi, Martine, Nicole et Danièle notamment, devenues les maîtresses de Sorlut et plus ou moins amoureuses de cet individu, n'ont pas éprouvé un sursaut de révolte normal lorsqu'il les engagea à se prêter à la salacité d'un, puis de plusieurs de ses amis ; leur sens moral déjà émoussé d'une part, d'autre part la vague conscience qu'elles avaient d'être en faute vis-à-vis de leurs parents, et la crainte devoir Sorlut, ainsi qu'il les en menaçait parfois, les faire enfermer, ou révéler leur déchéance à leurs familles, devaient faire d'elles de dociles victimes. Au surplus, la plupart des réunions licencieuses aux quelles elles ont été appelées à participer étaient précédées, soit de repas généreusement arrosés, soit de larges libations, qui contribuaient à réduire encore une capacité de résistance déjà fortement ébranlée par leur désarroi moral. Enfin, ces très jeunes filles, pour la plupart de condition modeste, ont été grisées dans leur vanité par la fréquentation de restaurants ou établissements élégants, et par les hommages d'hommes faits, apparemment riches et jouissant de situations sociales importantes...".

  • Le Crapouillot N°003.

Milieu exceptionnel, on le voit : d'une part, des amateurs riches, considérés, connus, parfois décorés, de l'autre, des nymphettes hors série, savamment dressées. Du gratin et du gratiné, donc, tant pour les grisonnants ou croulants de la génération descendante que pour les demoiselles de la génération montante. Mais, pour ceux-là comme pour celles-ci, quel stupre ! Répugnants derniers feux ! Lamentable premier bal! Car, mis à part le clinquant factice des acteurs de ces misérables orgies, les faits, eux, ramenés à la dimension humaine, s'avèrent d'une vulgarité désespérante. Ils n'ont rien d'inédit, ni de raffiné, ni de mystérieux. Ils sont tout simplement impubliables, à peine de tomber dans la plus basse pornographie. Ceux qui, en l'occurrence, croient devoir crier à l'étouffement, oublient que la feuille de vigne est une censure remontant à la plus haute antiquité. La preuve en est que le code n'a pas attendu ce puant déballage à fins partisanes pour prévoir, dans la liste des crimes et délits, ceux que constituent les attentats ou outrages aux mœurs et à la pudeur. On est bien obligé de constater que, depuis des siècles, quel que soit le régime, les mineurs sont, bon an mal an, les éternelles victimes de ces sortes d'infractions. Les Parquets des différents tribunaux en enregistrent chaque année par centaines. Que leurs protagonistes ne soient ni de gros industriels, ni des vedettes du barreau ou du Parlement, et que leurs jeunes proies ne soient que d'humbles écolières, des arpettes ou même de pauvres gardeuses d'oies, au lieu d'aspirer aux feux de la rampe ou de briguer des situations d'hôtesses, n'enlève rien à la gravité des faits, mais n'y ajoute rien non plus ! A l'époque où l'ancien président Le Troquer, endossant les turpitudes les plus matérielles de la défunte était ainsi publiquement déculotté, il eût été possible à des échotiers malveillants d'atteindre sur le même plan certains des nouveaux messieurs, un membre en vue du cabinet de Michel Debré n'hésitant pas alors à s'afficher dans les bars de Montparnasse en compagnie d'une mineure délurée prénommée Gaby.

  • Les Victimes... (Coupables d'incitation à la débauche cela n'a toujours pas changer et en 2016 l’inceste n'est toujours pas reconnu dans le code pénal Français...)

Voilà comment les gamines perverties purent trôner certaines fois dans la loge présidentielle de l'Opéra, dans la tribune présidentielle au Palais-Bourbon, poser nues dans l'atelier d'Elisabeth, ou encore siffler le whisky dont la cave du Butard était abondamment garnie, aux frais du contribuable ! Il est impossible de reproduire les passages du jugement décrivant les scènes qui se déroulèrent dans cette "folie" officielle, non plus que dans les autres du reste. C'est trop écœurant. Grotesques aussi, ces quelques lignes suffiront à s'en rendre compte :

  • Déjà, au rez-de-chaussée, les deux hommes et la dame Pinajefl avaient commencé à soulever les jupes des jeunes filles "pour voir leurs jupons" Sorlut ayant parlé à l'oreille de Le Troquer, proposa de "monter", une fois dans la chambre, la dame Pinajefl déshabilla les deux mineures et se dévêtit elle-même en partie, Le Troquer, lui, se mettant en chemise et en chaussettes...

  • Les parents des petites perverties, parties civiles représentées par Maître Baudelot, Jeancourt, Jean-Louis Tixier Vignancour et Traxeler, qui demandaient des dizaines de milliers de francs de dommages et intérêts, devaient voir leurs prétentions singulièrement rabaissées par le tribunal, puis encore par la Cour. Juges et conseillers devaient exprimer successivement leur opinion quant aux reproches dont n'étaient pas à l'abri ces familles
    "Par son long aveuglement et un certain manque de surveillance et d'autorité, dit Je tribunal de l'un des pères, il n'a pas peu contribué à rendre possible la dépravation de sa fille...".
    "Il y a lieu aussi, énonce de son côté la Cour, de retenir l'aveuglement et le défaut de surveillance de certains parents et également la facilité assez troublante avec laquelle les jeunes filles ont accepté les propositions obscènes qui leur étaient faites...".

Un grand homme dans l'intimité, quoi ! Ce qui se passait ensuite est encore plus lamentable. Un seul extrait de l'arrêt rendu quelques mois plus tard par la Cour d'Appel en donne une idée exhaustive :

  • A la demande de Le Troquer, la dame Pinajefl avait accepté de faire le portrait de Danièle T. et a invité celle-ci à se rendre à son domicile, en octobre et novembre 1958, pour des séances de pose, d'après la mineure, à quatre reprises, Le Troquer étant présent, la dame Pinajefl, après s'être dévêtue, la déshabillait et se livrait sur elle à des attouchements à la poitrine et aux parties sexuelles, pendant que Le Troquer, contemplant ce spectacle, se procurait à lui-même des satisfactions...

Le tribunal, qui se veut bon prince, en arrive enfin à chercher et trouver des motifs humains, sinon des excuses, à un tel avilissement :

  • Le brillant passé politique et professionnel dont se targue, justement sans doute, Le Troquer, ne peut à lui seul démontrer l'invraisemblance d'une dépravation sexuelle à laquelle, l'âge venant surtout, ont cédé avant lui bien d'autres hommes dont l'armature morale n'était pas obligatoirement d'une aussi forte trempe que leur intelligence et leurs aptitudes pour les luttes de la politique ou de la barre. « Pas davantage les qualités mondaines ou artistiques de la dame Pinajeff ne suffisaient à elles seules à la mettre à l'abri de certaines tentations, ni à la dissuader, pour mieux s'attacher un amant dont la personnalité et la haute situation pouvaient la flatter, de certaines complaisances que la loi réprouve qu'en tant qu'elles mettent en jeu des mineures ... 

Et plus loin.


  • On ne peut pas ne pas tenir compte du long passé d'honorabilité de Le Troquer et des services qu'il a été appelé à rendre à son pays, en faisant preuve de modération dans la répression des délits dont il le reconnaît coupable, le tribunal n'entend nullement épargner l'ancien titulaire d'une haute magistrature dont il a le premier oublié les devoirs d'insoupçonnable dignité qu'elle lui imposait jusque dans sa vie privée, son seul souci est de ne pas accabler un vieil homme qui s'est beaucoup consacré au bien public dans des conditions parfois périlleuses ou délicates et pour qui le seul fait d'être traduit devant la justice répressive a constitué une épreuve plus dure que pour aucun de ses coprévenus...

1960 05 04 Feuille d'Avis du Valais 57è année N°102.
(AFP) Le procès des "ballets licencieux" s'est poursuivi hier à huis clos à la 15è chambre correctionnelle de la seine.
Mes Traxeler, Tixier-Vignancour et Baudelot ont plaidé pour les jeunes plaignantes et leurs parents, partie civile. L'une des jeunes filles réclame 50 000 N.F de dommages-intérêts, une autre 30 000, la troisième un nouveau franc. Le substitut Bernard Guyot a prononcé ensuite son réquisitoire. Il a réclamé contre le détenu Pierre Sorlut une peine très sévère, sans application de circonstances atténuantes ; contre le coiffeur Arturo Guglielmi, le restaurateur Georges Biancheri et le confectionneur Jean Gessier, des peines sévères... Contre les autres prévenus des peines susceptibles d'être effacées par l'amnistie. C'est dans cette dernière catégorie qu'il a rangé André Le Troquer.


1960 06 09 Première instance.
Vingt-deux prévenus seront condamnés, un seul relaxé au bénéfice du doute, l'officier de police Pinabel, que défendait l'avocat Pierre Lemarchand, lequel fera beaucoup parler de lui quelques années plus tard ...
Moins heureux devaient être deux de ses collègues, l'officier de police principal André Gauthier, quarante-huit ans. et le commissaire Pierre Gabrielli, trente-neuf ans. Le premier, affecté à la 1" Brigade mobile, devait être condamné à deux ans de prison avec sursis en première instance, peine réduite à treize mois et 500 francs en appel. Le tribunal ni la Cour ne devaient retenir à son encontre les scènes de débauche dans son bureau, mais en revanche, allaient estimer que sa participation aux orgies en des lieux privés ne faisait aucun doute : - Si on peut se montrer relativement indulgent aux entraînements de la chair, il ne saurait en être ainsi lorsqu'ils ont fait oublier au coupable les stricts devoirs de sa charge, disent les juges. Le second devait écoper d'un an de prison avec sursis et 2 000 francs d'amende, ramenés à huit mois et 1 000 francs en appel, avec les considérant suivants : - A reconnu les faits dont il s'est rendu coupable et a exprimé des remords paraissant sincères ; depuis lors, a été réintégré dans ses fonctions de commissaire de police ; les meilleurs renseignements militent en sa faveur et il mérite une application bienveillante de la loi. Il avait d'ailleurs bénéficié de l'amnistie entre-temps. tout comme Le Troquer et Je coiffeur D., lequel avait ramassé un an avec sursis et 6 000 francs d'amende, et s'était désisté de son appel. Sorlut, lui, devait finalement être le seul à être frappé définitivement d'une peine ferme : cinq ans en première instance, ramenés en appel à quatre ans, eu égard à son amaigrissement en cours de détention. Trois autres débauchés, le coiffeur Guillaume G., cinquante-sept ans, le glacier Georges B., quarante ans. alors gérant du Pavillon d'Armenonville, et du « Queenie » de la place de la Madeleine, et Jean-François J. , trentedeux ans, directeur commercial de la « Grande Maison > (dans les cabines d'essayage de laquelle avaient lieu certaines scènes licencieuses !), condamnés respectivement, par le tribunal, les deux premiers à deux ans et le troisième à dix-huit mois de prison ferme, devaient bénéficier du sursis en appel, avec dix-huit mois les uns et quinze mois l'autre ! Les quatorze autres inculpés avaient jugé préférable de ne pas faire appel !

Considérations du tribunal.

  • Pierre Sorlut. Pendant douze ans, Sorlut, n'ayant aucune activité avouable et suivie, tirant ses ressources d'expédients, a vécu dans la débauche et de la débauche, organisant des réunions licencieuses, se faisant le pourvoyeur auprès de ses amis, nantis de situations importantes, de jeunes filles, dont deux étaient des mineures de seize ans, et à qui il avait donné le goût de rapports sexuels collectifs et parfois même contre nature. avec des exhibitions de nudité et des séances de flagellation avec un martinet ; il a ainsi gravement perturbé la mentalité de ces mineures de caractère faible, n'ayant pu résister à des suggestions perverses et à des entraînements malsains..." (A cette époque le martinet était autorisé pour corriger les enfants MECHANTS).
  • André Le Troquer. Sa responsabilité apparaît comme particulièrement grave, en raison des hautes fonctions dont il était investi à l'époque des faits, il convient toutefois de prendre en considération son âge avancé, qui peut expliquer, dans une certaine mesure, sa défaillance morale... A bénéficié de l'amnistie entre-temps. Il fera cassation, en vain, puis quittera ce monde pour un autre que l'on dit meilleur...
  • Tandis qu'Elisabeth, "servante certes trop active des menus plaisirs de son ami", s'en tire avec seulement 2 000 francs d'amende. Elle ne fera pas appel. Ce en quoi elle sera mieux inspirée que Le Troquer, dont la peine sera confirmée par la Cour en 1961...
  • Arturo Guglielmi. A introduit dans son cercle de débauchés une fille qu'il savait être mineure, malade mentale, au surplus en fugue, et qui ne s'était confiée à lui que dans l'espoir d'obtenir un travail honnête, toutes circonstances qui accentuent l'odieux de sa conduite à l'égard de cette malheureuse épave..
  • André Gauthier. Si on peut se montrer relativement indulgent aux entraînements de la chair, il ne saurait en être ainsi lorsqu'ils ont fait oublier au coupable les stricts devoirs de sa charge, disent les juges.
  • Pierre Gabrielli. A reconnu les faits dont il s'est rendu coupable et a exprimé des remords paraissant sincères ; depuis lors, a été réintégré dans ses fonctions de commissaire de police ; les meilleurs renseignements militent en sa faveur et il mérite une application bienveillante de la loi. Il avait d'ailleurs bénéficié de l'amnistie entre-temps.

Première instance  condamnation :


  • Pierre Sorlut, 33 ans à l’époque présenté dans la presse comme ex policier ou faux policier. 5 ans de prison ferme.
  • André le Troquer, à l’époque ancien président le l’assemblée nationale.
  • Elisabeth Pinajeff , artiste peintre 59 ans. 2 000 francs d'amande.
  • Arturo Guglielmi, maître coiffeur, avenue Matignon Paris. Ce dernier organisait des parties fines dans son appartement Parisien et dans le pavillon qu’il possédait à Villescrenes.
  • D., Coiffeur. 1 an avec sursis et 6 000 francs d'amende.
  • Guillaume G., 57 ans, Coiffeur. 2 ans de prison ferme.
  • Jean Gessier, directeur d’une maison de confection "la grande Maison".
  • Georges Biencheri, 40 ans, Glacier, gérant d’établissements « le Queenie » place de la Madeleine et du pavillon d’Armenonville dans le bois de Boulogne. 2 ans de prison ferme.
  • André Gauthier, 48 ans, officier de Police Principal (Première Brigade Mobile). Deux ans de prison avec sursis.
  • Pinabel, officier de police. Relaxé au bénéfice du doute.
  • Pierre Gabrielli, 39 ans, Commissaire. 1 ans de prison avec sursis et 2 000 francs d'amande.
  • Jean-François J., 32 ans, directeur commercial de la "GrandeMaison". 18 mois de prison ferme.
  • M Benaxxx étudiant 24 ans. ?
  • Camille Pexxx dite Depxxx 27 ans. ?
  • Lucie Audexxx 42. ?


1960 06 09 Frédéric Pottecher et les ballets roses
Frédéric POTTECHER fait le compte rendu du verdict du procès des "Ballets roses" dans lequel est impliqué l'ancien président de l'Assemblée Nationale, André LE TROQUER.


1960 06 20 Le Times.
D’après Le Times du 20 juin 1960, des mères sont venues au procès s’en prendre à leurs filles, aux mœurs si légères. Le journal se demande même si on ne leur a pas demandé de tenir ce discours. Lors du procès, on aurait aussi évoqué la présence de jeunes garçons au pavillon Butard.
Source : https://archive.org/stream/The_Times_News_Idaho_Newspaper_1960_11_20#page/n0/mode/2up


1961 03 00 Résultat en appel.
  • Pierre Sorlut, 33 ans à l’époque présenté dans la presse comme ex policier ou faux policier. Ramenés à 4 ans, eu égard à son amaigrissement en cours de détention.
  • André le Troquer, à l’époque ancien président le l’assemblée nationale.
  • Arturo Guglielmi, maître coiffeur, avenue Matignon Paris. Ce dernier organisait des parties fines dans son appartement Parisien et dans le pavillon qu’il possédait à Villescrenes.
  • D., Coiffeur. Désisté de son appel. Bénéficié de l'amnistie entre-temps.
  • Guillaume G., 57 ans, Coiffeur. Bénéficier du sursis en appel, avec dix-huit mois.
  • Jean Gessier, directeur d’une maison de confection "la grande Maison". Bénéficier du sursis en appel, avec quinze mois.
  • Georges Biencheri, 40 ans, Glacier, gérant d’établissements « le Queenie » place de la Madeleine et du pavillon d’Armenonville dans le bois de Boulogne. Bénéficier du sursis en appel, avec dix-huit mois.
  • André Gauthier, 48 ans, officier de Police Principal (Première Brigade Mobile). Treize mois de sursis et 500 francs d'amande.
  • Pierre Gabrielli, 39 ans, Commissaire. Ramenés à huit mois et 1 000 francs d'amande.
  • Les quatorze autres inculpés avaient jugé préférable de ne pas faire appel.

Après l'affaire.


De nombreuses rumeurs entourèrent cette affaire, qui allèrent d'une participation plus active des notables aux chorégraphies jusqu'à des orgies sado-masochistes organisées dans le Palais Bourbon. Aujourd'hui encore, l'expression « ballets roses » et son alternative « ballets bleus » quand il s'agit de garçons, renvoie communément à des pratiques encore plus criminelles pouvant mettre en scène des viols (dans le sens commun du terme). D'autre part, le fait que Pierre Sorlut ait été, durant l'année où il travailla officiellement pour la DST, le chauffeur de son directeur, le gaulliste Roger Wybot, a alimenté la thèse d'une machination destinée à perdre le socialiste Le Troquer.
Son retentissement fut atténué par une actualité chargée, qu'il s'agisse, sur le plan politique, de la guerre d'Algérie, ou, sur le plan judiciaire, de l’affaire Lacaze.

1962 02 23 Dossier 1413 les ballets Roses.
En 1962, sort sur les écrans un film dont le titre est Dossier 1413, Les ballets roses. Ce titre et le film évoquent l’affaire des ballets roses.
Synopsis : Dossier 1413 : Le corps d'une jeune femme. Béatrice Dumontier, a été trouvé dans un fourré du bois de Meudon. Le commissaire Rossi, de la P.J., enquête sur ce meurtre. L'un de ses anciens assistants, Gille Cauvin, devenu détective privé, enquête lui aussi sur cette troublante affaire et croit avancer sur une piste sûre, eh apprenant que Caroline, la jeune sœur de sa maîtresse, Doris, chanteuse au cabaret de l'Ange Noir, connaissait bien la victime. En faisant suivre cette jeune Caroline, Gilles découvre qu'elle est la maîtresse de Rémy, le directeur de l'Ange Noir, cabaret qui sert de façade à plusieurs activités clandestines : chantage, trafic de stupéfiants, traite des blanches, espionnage économique...

1975 Roger Wybot (1912-1997) a organisé la DST en 1944. Il en sera éjecté par de Gaulle en 1958. Le livre, rédigé par un journaliste, met en forme son témoignage.

Wybot était méthodique et rationnel. Il s’intéressait beaucoup à la psychologie et à la psychanalyse. Cela le rendait incommode à certaines personnes. Ainsi son premier entretien avec de Gaulle à Londres, en 1941, s’est mal passé : se faisant un devoir de démolir les illusions du général sur l’opinion des Français, Wybot déchaînera sa fureur. Bien que gaulliste, il n’avait pas le caractère qu’il fallait pour être l’un des favoris du général. Ils ne se sont jamais bien entendu.

La DST, sous Wybot, révèle des « affaires » pénibles : affaire des généraux en 1949, affaire des fuites en 1954. Étant gamin à l’époque, je me rappelle en avoir lu des comptes rendus incompréhensibles dans les journaux. Le livre éclaire ces affaires et révèle certains des ressorts de notre société.

1986 11 13 Affaire "Les ballets roses"
En plateau, résumé de l'affaire des "Ballets roses" dans laquelle est impliqué l'ancien président de l'Assemblée Nationale, André LE TROQUER.


2007 04 25 Les Ballets Ecarlates Jean-Pierre Mocky.
Avec Les ballets écarlates, Jean-pierre Mocky s'attaque à l'un des sujets les plus douloureux de notre société : la pédophilie. Si le cinéaste a déjà traité ce thème (Noir Comme Le Souvenir et Le Témoin), il l'aborde ici de manière abrupte et violente. Entre militantisme forcené et dénonciation agressive, Les ballets écarlates s'impose comme le film le plus éprouvant jamais réalisé par Mocky. A l'origine du scénario, l'enlèvement de la petite fille d'un journaliste de France Info. Libérée trois jours plus tard, la fillette traumatisée n'a pas prononcé un mot depuis des mois. "La presse s'empare de ces crimes, mais elle parle moins des jeunes victimes de rapt qui reviennent à la maison", explique le réalisateur. D'où l'intrigue des ballets écarlates. FilmStreaming.

2009 04 08 Sortie de l'ouvrage de Benoît Duteurtre "Ballets Roses". 
L’ouvrage de M B Duteurtre , sur l’affaire des Ballets Roses vient de sortir en librairie chez l’éditeur grasset collection « Ceci n’est pas un fait Divers ».
Ce livre traite donc de l’affaire dite des ballets roses qui occupa l’actualité en 1958 année de la sortie de l’affaire jusqu’en 1960 date du jugement.

Aujourd’hui, ceux qui écrivent sur cette affaire ont manifestement pour but de la minimiser. J’aurais pu adopter cette théorie si je n’avais pas entendu moult témoins me rapporter le même genre de partouzes, et même des plus glauques encore, dans les milieux de pouvoir. Ou alors il y a en France des dizaines de personnes totalement folles qui inventent de toutes pièces des histoires ayant une fâcheuse tendance à se recouper. L'expresse...


2015 12 30 Emission « Affaires sensibles ».
Raconter l’histoire des ballets roses, c’est aussi remonter celle d’André le Troquer, une figure emblématique de la IVe République. Président de l’Assemblée Nationale sous René Coty, le petit gars de Montmartre avait gravi un à un tous les échelons de la carrière politique pour finir par se brûler les ailes dans une affaire de mœurs ... 

Ascension et chute d’un ambitieux humilié, qui n’est pas sans rappeler l’histoire récente d’un Dominique Strauss-Kahn. "Le pouvoir est un aphrodisiaque absolu" disait le diplomate américain, Henry Kissinger … mais la comparaison s'arrête là , bien sûr.
  • Benoît Duteurtre assurera que son livre porte davantage sur André Le Troquer. Se rapportant à une époque où le délit de pédophilie n'existe pas encore en tant que tel, il montre comment la justice a minimisé le détournement de mineur. Le président du tribunal ira jusqu'à morigéner des jeunes filles qui ne sont plus des enfants, accusant une société décadente et « l'esprit de Saint-Germain-des-Prés ». Duteurtre lui-même n'ignore pas la responsabilité de parents qui espéraient une élévation sociale de leur progéniture, acceptant, par exemple, des places à l'Opéra. Son travail de recherche ne lui a permis de retrouver aucune des jeunes filles mais il décrit longuement sa rencontre avec Pierre Sorlut, celui qui séduisait les jeunes filles avant de les inviter en soirée où on leur faisait consommer de l'alcool avant de distraire les vieux hommes. Sorlut aurait tenu par la suite un club libertin.
Le même audio qu'au début...
Source : http://archive.wikiwix.com/cache/?url=http%3A%2F%2Fwww.franceinter.fr%2Femission-affaires-sensibles-laffaire-des-ballets-roses
  • Pensez-vous que la justice a été laxiste dans cette affaire ?

C'est une question très intéressante, nous avons le sentiment que les moeurs sont beaucoup plus libres aujourd'hui, ce serait-ce que parce que la majorité est passée à 18 ans, et qu'aucune pratique sexuelle n'est désormais condamnable, du moins entre personnes adultes et consentantes. Mais dès qu'on entre dans le domaine des mineurs, la justice est aujourd'hui beaucoup plus sévère qu'autrefois. D'un certain point de vue, c'est peut-être un progrès mais cela peut conduire à des aveuglements, type Outreau.
 Dans l'affaire des «ballets roses», le juge a, tout à la fois, un côté paternaliste et réactionnaire mais, en même temps, il n'est pas dupe. Il sait que les mineurs ne disent pas toujours la vérité, son jugement est, somme toute, plus nuancé qu'il ne le serait aujourd'hui. De fait, seul le principal organisateur des «ballets roses» sera condamné à une peine de prison ferme. Ce qui ne veut pas dire que Le Troquer s'en sorte indemne, puisque cette affaire et sa condamnation à une peine avec sursis, le raye définitivement de la vie politique.
Source : Libération 07/04/2009

  • Pourquoi Elisabeth Pinajeff ?

Quel est le  système auquel à participé E Pinajeff , qui sont ceux qui l’ont manipulé et leur motif ?
Le Système , est le carbonarisme et la Synarchie .
Qui ? un petit groupe d’individus, tournant autour de la place Malherbe, de la rue Ampère et de la porte Champeret , ainsi que de la rue de Madrid, territoire d’expansion de la cagoule et de la synarchie.Vaucresson est le lien avec la finance ,  la banque et l’industrie du luxe
Leur But ? la déstabilisation et l’infiltration de l’appareil d’Etat , par le sexe et la finance. Le carbonarisme est un fer de lance pour les individus qui servent ce but .La synarchie,est aujourd’hui, cette alliance entre la finance, la banque et le carbonnarisme, assise au travers de structures internationales, reconnues et officielles .
Elisabeth n’est qu’un outils comme le fut Marguerite Japy-Steinhel , 50 ans auparavant .
Mais pourquoi Elisabeth précisément ?, l'explications est dans son ascendance . Comtesse anonyme mais réelle et non d’opérette, issue d’une famille aux liens tissées avec l’aristocratie Française sous la restauration. Elle est pour ce groupe, élitiste et royaliste , l’outils issue de leur monde par lequel « travailler » cette république détestée.
Source : Libération 07/04/2009

  • Quel est le facteur porteur de cette synarchie et l’érigeant en nouvel ordre mondial ?

Un texte tiré d’un ouvrage sur le comte de Paris « comte de Paris , l’ultime prétendant « de François Broche , édition Perrin 2001, annexe 1 ; Synarchie mythe et réalité, page 135.l’identifie de manière simple et concise.
En outre après l’ avènement du national Socialisme en Allemagne , une certaine convergence de préoccupation et d’objectifs se fera jours des deux côtés du Rhin. Elle aura quelques prolongement après la défaite française de 1940.
« La Synarchie était une sorte de national-capitalisme, explique le juge Voituriez; Elle s’était épanouis dans l’ombre autour des années 30. C’était une pépinière de comploteurs qui visait à créer un vaste consortium à base Franco-Allemande regroupant des sociétés Multinationales en un trust unique ou viendraient au bout du compte, se fondre les gouvernements et les nations. L’ensemble serait gouverné par un système dictatorial de type national Socialiste *. »
Source : Albert Jean Voituriez , l’Afaire Darlan, l’instruction judiciaire, lattès,1980, page 201.

  • L’actualité judiciaire du début de l’année 1960, est occupée par trois affaires...

Qui en fait sont liées et ont comme point commun pour les ballets rose et l’affaire Lacaze , la pédocriminalité , pédophilie et trafic d’enfants, l’affaire de la belle Gabrielle en dehors des personnalités de Dany, Nicole et Maïté relativement jeunes à l’époque des faits (autours de 20 ans pour une majorité à 21 ans à l’époque.) renvoie à la prostitution. Ces deux Jeunes femmes ont’ elles réellement commencées cette activité en étant déjà majeures ?


Deux de ces trois affaires sont liées directement :

  • Affaire dit Lacaze.
  • Affaire dit de la belle Gabrielle.
  • Affaire dit des Ballets Roses.

Dernière Brèves :

Au temps, qui n'est pas si lointain, où faisait rage la mode des porte-clefs, le patron d'un petit bistro-restaurant situé au pied de la Butte se faisait un malin plaisir d'en offrir un des plus originaux à ses bons clients : une sorte de coquille de porcelaine blanche, portant sur une face le nom de cet aimable estaminet ainsi que son numéro de téléphone et, sur l'autre, d'un trait léger, en sanguine pâle, une mignonne danseuse en tutu faisant des pointes, armée d'un balai de paille de riz...

Document Historique dans la Pédocriminalité.

Non , l’affaire des Ballets Roses n’est pas un fait divers . C’est bien plus la trace évidente d’une dérive de l’appareil d’état vers un contrôle et une emprise sur ceux là même qu’il à pour fonction de servir ………les citoyens au travers des politiques sensés les représenter.

Peut-on avec les ballets roses de 1958 parler de point d’orgue de la pédocriminalité institutionnelle en France ?

Répondre à cette question c’est retracer l’histoire de l’enfance irrégulière en France et de la place du centre d’évaluation de Vaucresson dans cette histoire mais également d’autres centres comme ceux de la rue de Madrid et des Tourelles et du lien qui lie certains des fondateurs de l’école de Vaucresson à celle d’Uriage, et du devenir d’anciens collaborateurs au sein de l’administration Gaulliste dans les années qui suivirent la libération. Un travail d’historien...

Sources :
Un blog historique à aller voir absolument, il détaille "La double vie d’Elisabeth Pinajeff"...
L'histoire de la télévision, http://www.ina.fr
Le livre Ballets roses de Benoît Duteurtre par Jacques Lucchesi. 
Le blog de Philippe Poisson Les Ballets roses ou l'histoire d'un scandale sexuel.
Crapouillot N°003

Des juges devront passer devant les assises, puis en taule. Combien sur les 200 impliqués dans la corruption et la dissimilation de crimes ? Le Blog de références...
http://trafic.justice.free.fr/
Et tous les articles de la presse détaillée plus haut.

AVoir aussi :
Affaire Lacaze
Affaire Belle Gabrielle

Vous pouvez tout prendre, tout partager, tout faire avec mon travail mais SVP cité le blog, pour faire cet article il m'a fallu 10 jours, merci...
Source : https://affaires-reseaux.blogspot.fr/1970/01/affaire-des-ballets-roses-1959.html

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